7 avril : La Representation of Natives Act réduit de 20% à 10% la proportion des votants Noirs dans la province du Cap, la seule où existe un tel droit de vote en Afrique du Sud, et institue un collège séparé pour élire un représentant blanc à l’Assemblée législative pour chacune des trois circonscriptions noires.
Les terres tribales des Noirs dans l’Union Sud Africaine passent de 8% à 12,3% de la superficie totale. Tout achat de terres en dehors de ces espaces est interdit aux Noirs.
Amériques
7-8 janvier:[1] Grève générale à Buenos Aires. Apogée de l’agitation ouvrière en Argentine, qui décline jusqu’en 1943. À partir de 1937, l’État intervient de plus en plus dans la prévention et le règlement des conflits sociaux.
18 février : Au Paraguay, le gouvernement de Eusebio Ayala est renversé par un coup d’État dirigé par le général Rafael Franco. Franco, héros de la guerre du Chaco, mène une révolution anti-libérale en se faisant le porte-parole des anciens combattants. Un groupe, les Febreristas, apparaît pour soutenir Franco dans ses initiatives réformistes et nationalistes.
La bourgeoisie industrielle du Nord, autour de Monterrey, s’engage dans un combat politique contre Cárdenas à la suite d’un conflit social où le gouvernement a pris parti contre elle. Elle créé le Parti d’Action Nationale (PAN) en 1939.
1er-23 décembre:[2] Conférence interaméricaine de consolidation de la paix à Buenos Aires. Les États-Unis s’engagent à ne pas intervenir « directement ou indirectement et pour quelque motif que ce soit dans les affaires intérieures et extérieures » des pays d’Amérique latine (politique du « bon voisinage »). Un pacte de consultation est adopté, permettant de coordonner les différents traités existant en matière de maintient de la paix.
16 décembre : Ley 200.[3] Réforme agraire en Colombie. La Loi 200 n’est cependant pas en mesure de remettre en question la domination des planteurs de café.
Au Venezuela, le gouvernement López reconnaît 109 syndicats ouvriers et paysans entre juillet et décembre 1936, mais revient rapidement aux pratiques répressives.
Brésil : Depuis 1827, l’État de São Paulo à reçu 3 millions d’immigrés : Italiens (30%), Portugais (13%), Espagnols (12%), Brésiliens du nord-est (24%), Japonais (6%).
Août : Une petite mission britannique menée par Basil Gould est établie à Lhassa avec l’accord du gouvernement tibétain.
25 novembre : Pacte anti-Komintern entre l’Allemagne, et le Japon contre l’Internationale communiste. L’Italie le signera en 1937.
Novembre : Le Siam invalide en tous les traités qu’il avait signés avec des pays étrangers. Aux termes des clauses des nouveaux traités conclus l’année suivante, le gouvernement obtient sa totale indépendance.
Création de la République socialiste soviétique (RSS) Kirghize, membre de l’URSS.
Création de la République socialiste soviétique du Kazakhstan fédérée de l’URSS. Des centaines de milliers d’habitants sont tués ou s’enfuient vers la Chine. Une politique de sédentarisation forcée des nomades et de collectivisation des terres détruit la culture et le mode de vie kazakh.
Janvier-avril : La Syrie est en situation quasi insurrectionnelle au début de l’année. La grève générale est décrétée par le Bloc national le 27 janvier. Le pays est paralysé pendant 36 jours. La France impose la loi martiale et procède à de nombreuses arrestations, mais doit céder en février. Elle renvoie le gouvernement Tajj al-Din, libére les prisonniers et ouvre des négociations avec le Bloc national. Elle s’engage à rétablir la vie constitutionnelle, à favoriser l’unité de la Syrie et à conclure un traité analogue au traité britanno-iraquien. Les négociations s’ouvrent en avril à Paris et sont interrompues jusqu’à l’été en raison des élections françaises du printemps.
15 avril : Deux Juifs sont assassinés dans la région de Naplouse par un groupe arabe extrémiste. En représailles, deux Arabes sont tués par des Juifs radicaux.
19 avril : Des ouvriers agricoles tuent neuf Juifs dans la région de Jaffa. L’état d’urgence est proclamé par les autorités britanniques. Les violences se poursuivent. Une grève des Arabes spontanée et populaire est déclenchée dans toute la Palestine, que les partis décident de soutenir. Des comités nationaux sont organisés dans toutes les villes principales pour organiser la contestation.
25 avril : Les principaux partis de Palestine créent un comité suprême arabe, sous la présidence d’Amin al-Husseini.
28 avril : Mort du roi Fouad Ier d'Égypte. Son fils Farouk lui succède à l’âge de seize ans. Un conseil de régence est désigné par le Parlement. Le roi est entouré de conseillers politiques comme Ali Maher, opposant au Wafd. Farouk devient rapidement très populaire (fin de règne en 1952).
10 mai : Victoire du parti nationaliste Wafd aux législatives en Égypte. Mustapha Nahhas pacha fonde un troisième gouvernement d’union nationale. Il engage immédiatement des négociations avec les Britanniques en vue de la conclusion d’un traité.
Mai : Début de la Grande Révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire. À partir de mai, la violence urbaine s’étend aux campagnes. Des bandes rurales attaquent les britanniques et les sionistes et sont rejoints par quelques centaines de volontaires syriens, anciens de la Grande révolte de 1925. La répression britannique est modérée au début. Londres promet l’envoie d’une commission d’enquête après l’arrêt des troubles et accepte la médiation des gouvernement arabes d’Arabie saoudite, d’Irak et de Transjordanie, qui appellent à la fin de la grève. Le comité suprême arabe accepte en échange d’un soutient des pays arabes face aux Britanniques.
26 août : Traité de Londres entre le Royaume-Uni et l'Égypte. Il prévoit une alliance perpétuelle entre les deux pays comprenant une coopération en matière de politique étrangère et des facilités en cas de guerre (ports, aérodromes, voies de communication). Les effectifs de l’armée égyptienne ne sont plus limités mais les instructeurs restent exclusivement britanniques. Une garnison britannique est stationnée dans la zone du canal de Suez pour vingt ans. Pour la question du Soudan, le traité propose le retour à un condominium britanno-égyptien. Les Capitulations seront abrogées progressivement et l’Égypte sera admise à la SDN.
9 septembre : Accords Viénot sur l'indépendance de la Syrie. Le protocole français prévoyant l’indépendance de la Syrie dans un délai de trois ans est signé à Paris. Il garantit l’entrée de la Syrie à la SDN. La France conserve des facilités militaires pour 25 ans. Des troupes françaises seront stationnées chez les Druzes et les Alaouites pendant cinq ans.
29 octobre, Irak : Le général Bakr Sidqi organise un coup d’État militaire. Nu'ri Sa'id parvient à s’enfuir. Rachid Ali et Yasin al-Hashimi sont exilés. Un gouvernement est formé autour d’Hikmat Sulayman, chef de l’ancienne opposition socialiste avec un programme de lutte contre la corruption, de renforcement de l’armée, de développement de l’enseignement, d’établissement de monopoles économiques, d’augmentation des impôts sur le revenu et l’héritage et la mise en place d’une législation sociale. Il se heurte à la classe dirigeante des grands propriétaires terriens qui exercent des pressions sur le pouvoir. La seule mesure sociale adoptée est la réduction de la durée quotidienne de travail pour les employés. Aux élections des 10 décembre 1936 et 20 février 1937, la société al-Ahali n’obtient que 11 sièges sur 108. Bakr Sidqi critique de plus en plus ouvertement ses alliés socialistes.
Syrie : Les nationalistes remportent une majorité écrasante aux élections législatives.
Le gouvernement turc demande le droit à l’autodétermination pour le sandjak d'Alexandrette. La France renvoie le règlement de l’affaire à la SDN.
21 novembre : Création du mouvement des Phalanges libanaises par un pharmacien maronite de Beyrouth, Pierre Gemayel. C’est une organisation de jeunesse paramilitaire à caractère sportif qui prône un nationalisme libanais et chrétien. Les musulmans de Beyrouth répondent par la création des scouts musulmans.
27 décembre : Le traité avec la France est ratifié dans l’enthousiasme par le Parlement syrien, mais en France, le projet sera ajourné sine die par la Chambre.
La société des Frères musulmans axe sa propagande sur la solidarité avec les musulmans de Palestine.
En Syrie, le Bloc national se dote d’une organisation de jeunesse nationaliste, les « chemises d’acier ».
Troubles à Beyrouth entre musulmans hostiles à la présence française et chrétiens arméniens favorables.
Tentatives de prise de pouvoir par les militaires en Irak (1936-1941).
Essor de l’enseignement en Égypte : depuis 1925, le nombre d’élèves scolarisés dans le primaire est passé de 193 144 à 661 025, dans le secondaire de 16 979 à 45 203.
27 septembre : Echec de la politique déflationniste aux Pays-Bas. Abandon de l’étalon-or, qui permet la reprise grâce la dépréciation du florin (-20%).
6 octobre : Mort à Munich du chef du gouvernement hongrois Gyula Gömbös. Kálmán Darányi lui succède (fin en 1938). Après une brève tentative de dégagement, Darányi est contraint par Hitler d’aligner la politique hongroise sur celle du Reich. Il lance un programme d’un milliard de pengös pour le réarmement de la Hongrie.
Italie : Le régime fasciste se durcit à l’imitation de l’Allemagne (1936-1937). Le Duce semble vouloir mener une « révolution culturelle » pour retrouver l’esprit républicain, religieux et anti-bourgeois du premier fascisme (Renzo De Felice). La santé déclinante du Duce entraîne des décisions de plus en plus contradictoires, des coups de têtes, des attitudes irréfléchies. La vacance de l’autorité favorise la reprise des intrigues entre Galeazzo Ciano, gendre du Duce, le clan Petacci (Clara Petacci, maîtresse du Duce) et les dignitaires du régime.
Dévaluation de la lire, en fait pour contrer une éventuelle désaffection des touristes, le gouvernement crée une "lire touristique" dont le cours est inférieur de 30% à la lire officielle.
42 024 600 habitants en Italie. La population urbaine est passée entre 1921 et 1936 de 45% à 55%.
Cinq millions de jeunes italiens appartiennent à des organisations de jeunesse.
Apparition au Royaume-Uni des premières telephone booths, les fameuses cabines rouges dessinées par Sir Giles Scott.
7 mars : Remilitarisation de la Rhénanie en réaction à la ratification du pacte franco-soviétique. L'Allemagne installe des troupes en violation du traité de Versailles et du pacte de Locarno. Londres ne réagit pas. La France saisit la SDN. Hitler propose à la France et à la Belgique l’ouverture de négociations en vue de conclure des pactes de non-agression de 25 ans garantis par le Royaume-Uni et l’Italie.
Août : Mémoire secret d’Hitler sur le plan de quatre ans, qui fixe les objectifs confiés à Göring : armée opérationnelle, économie capable de faire face à la guerre.
14 septembre : Congrès de Nuremberg. Hitler annonce la prolongation du service militaire à deux ans, un nouveau plan économique pour accélérer le réarmement, la volonté de régler les comptes avec le bolchevisme…
1er décembre : L'adhésion aux Jeunesses hitlériennes devient obligatoire pour tous les jeunes de 10 à 18 ans. Les dernières organisations de jeunesse non nazies sont dissoutes.
Un million de chômeurs en Allemagne. Crise économique : difficultés d’approvisionnement en matière premières, pénurie alimentaire. Déclin du commerce extérieur.
Espagne
Affiche de propagande pour le ralliement antifasciste du 19 juillet ; la guerre d'Espagne fut considérée comme le dernier conflit livré pour des raisons idéologiques.
Mars à juillet : Violences libertaires, occupation de terres. Les partis ouvriers se reconstituent autour du PCE (102 000 militants en mai contre 35 000 en février). La CEDA se disloque et de nombreux militants rejoignent la Phalange. En six mois, 269 espagnols sont victimes d’attentats de tous bords (45 pour l’année 1935).
10 avril : Le président modéré Niceto Alcalá Zamora est démis de ses fonctions et déposé par le Front populaire.
13 juillet : la mort d’un officier des Gardes d’assaut provoque en représailles l’enlèvement et l’assassinat du monarchiste José Calvo Sotelo. Sa mort tragique est considérée comme déclencheur du soulèvement militaire.
18 juillet : Début de la guerre civile espagnole déclenchée par le général Francisco Franco (fin en 1939). Bien préparée, l'insurrection nationaliste, partie du Maroc se diffuse à d'autres garnisons de la péninsule et Franco prend le commandement de l'armée. La Navarre, le León et la Vieille Castille se rallient presque sans combats. L’Andalousie tombe du fait de la prise de positions des autorités. Mais l’insurrection ne rallie pas la marine et l’aviation de guerre, puis échoue devant la résistance populaire au Pays basque, aux Asturies, en Catalogne et à Madrid, conduite par les organisations ouvrières révolutionnaires organisées en comités (Appel de Dolores Ibárruri, la Pasionaria, dès le 19 juillet : « No pasaran ! »).
19 juillet : Le gouvernement de José Giral, qui n’a qu’un pouvoir de façade, ordonne la distribution d’armes à la population.
24 juillet : Début de l'aide de la France aux Républicains espagnols.
26 juillet : Installation de la junte nationaliste espagnole à Burgos.
28 juillet : Arrivée des premiers avions italiens et allemands du côté nationaliste en Espagne. Les nationalistes prennent l’Estrémadure et Badajoz début août (bataille des liaisons).
1er août : Le gouvernement de Léon Blum autorise l’envoi d’avions aux républicains mais lance un appel aux autres puissances pour établir des « règles communes de non-intervention » en Espagne suites aux pressions de Londres.
8 août : La France ferme ses frontières avec l'Espagne.
26 novembre : Pacte secret de Salamanque entre Franco et l’Italie qui envoie 10 000 puis 70 000 hommes. (5 000 Italiens s’enrôlent dans les Brigades internationales).
Selon les statistiques de la Société des Nations sur le commerce international, le classement est le suivant : Royaume-Uni (14 %), États-Unis (11 %), Allemagne (9 %) qui officiellement mène une politique d'autarcie, France (7 %).