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Le Centre national d'études spatiales (CNES) est un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français, placé sous la tutelle conjointe des ministères de la Recherche et de la Défense. Créé sous l'impulsion du général de Gaulle, le 19 décembre 1961, il est chargé d’élaborer et de proposer au gouvernement la stratégie spatiale française, et de la mettre en œuvre.
Une agence en phase avec son époqueDébuts (1961-1981)Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés s'intéressent aux travaux réalisés par les Allemands sur les fusées et chaque pays s'efforce de collecter un maximum d'informations techniques et de s'adjoindre l'aide de techniciens allemands ayant travaillé sur les V-2. Pour la France, c'est le LRBA ( Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques) qui est chargé de mettre au point les premiers engins aboutissant à la fusée-sonde Véronique. Ces développements intéressent à la fois les scientifiques et les militaires. La guerre froide, le lancement de Spoutnik et la politique d'indépendance du Général De Gaulle placent bientôt la recherche spatiale dans les priorités du Gouvernement. Grandes applications spatiales (1980-1995)Dès 1974, le budget français consacré à l'espace (10% du budget de recherche) est attribué majoritairement aux programmes européens. Ceci a pour conséquence le gel de plusieurs projets du CNES (Dialogue, Géole, Centre spatial guyanais, Diamant B-P4) et le transfert progressif vers l'ESA de programmes internes (Météosat, Ariane). Le CNES vit une période socialement et techniquement difficile. En quelques années, il va accomplir sa mutation grâce à l'équipe de direction menée par le Président Hubert CURIEN et le Directeur général Yves SILLARD. En 1977, les directives du Gouvernement mettent l'accent sur les missions prioritaires de l'établissement qui sont notamment:
Cet objectif est atteint le 24 décembre 1979 avec le lancement réussi d'Ariane 1 de la base de Kourou. Le lanceur est amélioré plusieurs fois pour aboutir à Ariane 4 qui assure très vite la majorité des lancements commerciaux. Jusqu'à 2003, 144 Ariane de ces premières générations ont été lancés (dont 116 Ariane 4) avec un taux de succès exceptionnel. Ariane 5, plus puissant, est étudié pour prendre la suite.
Ce sera le projet de satellite Spot dont l'étude est réalisée au Centre Spatial de Toulouse. Il semble bien que ce soit une compensation donnée aux équipes d'ingénieurs de Toulouse que la nouvelle politique a laissés sans programme majeur. La décision est néanmoins judicieuse puisque SPOT va devenir un programme phare du CNES. Cinq satellites ont déjà été lancés et le service est opérationnel depuis 1986. Les satellites militaires Hélios sont dérivés des SPOT de dernières générations.
Le programme spatial français et très vite le programme européen ont permis à l'industrie de développer des compétences dans le domaines des équipements composant les lanceurs et les satellites et aussi dans la maîtrise d'œuvre de ces ensembles complexes. Le CNES, maître d'ouvrage a contribué à l'acquisition de ces compétences et il poursuit cette action notamment sur la Qualité-Fiabilité, les procédures de Management et la formation des jeunes ingénieurs aux techniques spatiales.
Cette décision est revue quelques années plus tard à la demande de la DGT et de TDF souhaitant garder leur autonomie dans ce secteur très concurrentiel. Le CNES lance alors au profit et selon les directives de ces Administrations les programmes TELECOM et TDF. Sept satellites Télécom de 2 générations sont lancés entre 1984 et 1996. Deux satellites de télévision TDF sont mis en orbite en 1988 et 1990. Dès la fin des années 80, l'aspect commercial prend le dessus et ce sont les opérateurs qui passent commande à l'industrie (Astra, Eutelsat, …) Les activités du CNES en faveur de la recherche scientifique ne diminuent pas, mais les réductions de budget orientent les réalisations vers des programmes en coopération et vers des expériences embarquées sur des satellites de la NASA, de l'URSS et de l' ESA. On retiendra deux projets marquants qui sont Argos et TOPEX-Poséidon . Un programme très actif de fusées sondes et de ballons stratosphériques et troposphériques est poursuivi. Il permet aux Laboratoires scientifiques de poursuivre leurs recherches et de maintenir des équipes compétentes. Les années 80 sont enfin pour le CNES le début des vols habités en coopération avec l'URSS (J-L CHRETIEN) et les USA (P. BAUDRY) ouvrant la voie à la médecine spatiale. C'est aussi l'engagement d'études et de travaux pour réaliser la navette HERMES qui doit être mise en orbite par le futur lanceur européen Ariane 5. Hermès qui mobilise les efforts pendant 8 ans est finalement abandonné en 1993 alors que la recherche spatiale a perdu de son importance avec la fin de la Guerre froide et que la commercialisation des satellites d'application est bien établie . Aujourd'hui, priorité à la société et à l'environnementPour le grand public, le CNES a un nom difficile à retenir et des activités mal connues. C'est pourquoi derrière ce sigle, ont toujours été ajoutés quelques mots résumant l'image que l'Etablissement souhaite donner de sa mission. Ce fut "Pour un Espace utile" quand sont apparues les premières applications, bientôt changé en "L'Espace au service de l'Homme" pour personnaliser le message. Quand vers 1990 l'accent a été mis sur les problèmes climatiques et la pollution, le CNES a annoncé "L'Espace au service de la Terre". Ce thème a peu changé puisqu'en 2008, le CNES propose De l'Espace pour la Terre. Le CNES affiche ainsi une mission de service public en plus de son rôle de préparation et de mise en oeuvre de la politique spatiale de la France au sein de l'Europe. Le siège du CNES est situé à Paris, ses services définissent les grandes orientations stratégiques de l'entreprise et les programmes prioritaires. Programmes et orientationsCinq grands programmesLe CNES travaille en collaboration avec Arianespace (Évry) et l'Agence spatiale européenne (ESA), sur cinq domaines d'activité :
Le Centre national d'études spatiales est à l'origine de quantité de projets spatiaux, même si ce n'est pas lui qui fabrique les lanceurs ou le satellites. Dans le cas des lanceurs, après avoir conçu la filière Ariane, le Cnes agit aujourd'hui comme autorité de conception et de qualification pour le compte de l'Etat français qui est l'Etat de lancement. Le Cnes joue aussi le rôle d'assistant au maître d'ouvrage, l'Agence spatiale européenne pour les nouveaux développements. Le Cnes est l'un des concepteurs du système Cospas-Sarsat, programme international de recherche et sauvetage de véhicules maritimes, aéronautiques ou terrestres en tout point du globe. Initié en 1982, il est composé d'une constellation de satellites survolant en permanence la Terre à l'écoute des signaux émis par les balises de détresse. Demain l'emport de charge utile Cospas-Sarsat sur les futurs satellites de navigation européens Galileo va accroître les performances ; avec Galileo les temps d'alerte seront réduits, et la localisation portée à quelques mètres.Le Centre national d'études spatiales est signataire du Pacte PME. Culture et communicationActions vers les jeunesLe CNES a depuis son origine développé une politique volontariste d'information de la jeunesse par de nombreux moyens pédagogiques (animations, publications, expositions, activités expérimentales, formations).[1] Pour ses actions jeunesse, le CNES travaille en partenariat avec des acteurs de culture scientifique et technique parmi lesquels l'association Planète Sciences, le réseau des CCSTI et des structures locales comme l'Association PARSEC qui diffuse l'information scientifique sur la Côte d'Azur (en 1986, une convention de partenariat[2], a été signée, elle a été renouvelée en 2001[3] ). Depuis, les magazines internes du CNES citent volontiers PARSEC[4] Etablissements techniquesCentre Spatial de ToulouseLe Centre spatial de Toulouse s'étend sur une cinquantaine d'hectares dans la zone de Rangueil-Lespinet. Proche du site historique de Montaudran (Aéropostale), il est au centre d'un vaste complexe scientifique et universitaire à vocation aérospatiale où se trouvent notamment des Ecoles (Université Paul Sabatier, ISAE (Sup Aéro), ENAC, IAS, ..), des Laboratoires (CERT-ONERA, LAAS, CESR, OMP( LEGOS, DTP), GRGS, CESBIO, …) et des entreprises aérospatiales (EADS-Astrium, Spot-Image, CLS-Argos, Intespace, …). Ses missions couvrent, à l'exception des lanceurs et de leurs lancements, l'essentiel des tâches techniques et d'assistance aux scientifiques qui sont de la responsabilité du CNES. On distingue dans ses activités :
Le Centre regroupe environ 1500 personnes dont une majorité d'ingénieurs et cadres. Centre Spatial GuyanaisLe Centre Spatial Guyanais (CSG) a été créé en 1964. Il est installé à Kourou dans le département de la Guyane française. Il est dénommé "port spatial" de l'Europe, depuis lequel les lanceurs Ariane (et bientôt Soyouz ou Vega) sont envoyés dans l'espace. Une mission complexe, où le Cnes met à la disposition de l'Esa et d'Arianespace une base spatiale fiable, sûre, et performante, et garantit au nom de la France la sécurité des biens et des personnes. Le site de Kourou possède une position géographique exceptionnelle, proche de l'équateur, qui autorise des lancements vers l'est (en bénéficiant de la vitesse d'entraînement de la terre) ou le nord dans des conditions de sécurité maximales : le lanceur ne survole aucune terre avant 4000 km. Centre d'Evry - Direction des LanceursLa Direction des Lanceurs (DLA) s'installe dans la ville nouvelle d'Evry en 1974 à la fermeture de Brétigny-sur-Orge. Elle assure le développement des lanceurs Ariane et accompagne la phase de production industrielle pour le compte d'Arianespace. Elle est responsable du 1er étage du lanceur Vega et maître d'œuvre du pas de tir de Soyouz en Guyane. Elle prépare l'avenir en travaillant sur les nouvelles générations de lanceurs et de systèmes de propulsion Personnes exerçant ou ayant exercé des responsabilités dirigeantesPrésidents
Directeurs généraux
La fonction de DG a été vacante, puis supprimée par décret du 25 janvier 2005 Directeurs généraux déléguésNommés en interne par le président du CNES.
Publications
Notes et références de l'article
Voir aussiBibliographie
Articles connexes
Liens et documents externes
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