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Le Congrès de Vienne est une conférence des représentants diplomatiques des grandes puissances européennes qui eut lieu à Vienne du 1er octobre 1814 au 9 juin 1815. Les pays vainqueurs de Napoléon adoptent le principe de rendre aux pays leurs frontières d'avant la Révolution française de 1789 sauf aménagements. Il fait suite au traité de Paris du 30 mai 1814. Le traité de Vienne permet également la discussion sur d'autres points comme la libre circulation navale, l'abolition de la Traite des noirs (et non pas de l'esclavage), qui persiste cependant, et la mise en avant de la neutralité de la Suisse.
ParticipantsToute l'Europe monarchique afflue à Vienne. Quinze membres de familles royales côtoient deux cents princes et deux cent seize chefs de missions diplomatiques. De nombreux groupes de pression sont également présents : les représentants des juifs d'Allemagne, les chevaliers de Malte, les abolitionnistes de la Traite des Noirs, sans compter les inventeurs de recettes pour… assurer la paix du monde. Beaucoup de congressistes n'en connaissent que la fête, car le « congrès s'amuse » dans des réceptions continuelles. Il n'y eut presque pas de séances plénières. Les discussions et les décisions se prennent ailleurs. Les quatre vainqueurs de Napoléon Ier (Autriche, Prusse, Royaume-Uni et Russie) avaient décidé de se réserver les « choses sérieuses ». La France réussit à s'imposer et faire entrer trois autres pays européens (l'Espagne, le Portugal et la Suède). Le congrès rassemble les grands diplomates de l'époque :
Ambitions et manœuvres des puissances européennesLe congrès de Vienne est le «champ de bataille» diplomatique où les puissances européennes tentent de satisfaire leurs ambitions tout en contrecarrant celles de leurs anciens alliés contre Napoléon Ier. Deux grands antagonismes se manifestent : celui de la Russie et du Royaume-Uni, celui de l'Autriche et de la Prusse. La France, alors vaincue, tente de retrouver une place de premier plan. La Russie et le Royaume-Uni, tout en ayant des vues sur le remaniement de la carte européenne ont des visées mondiales. Le rêve séculaire du gouvernement russe de se rapprocher de l'Europe occidentale, nécessite l'annexion d'une grande partie de la Pologne, au détriment du royaume de Prusse. La Russie se verrait bien présider une fédération européenne et devenir de ce fait le géant européen. La Russie est tentée de démembrer l'empire ottoman afin de se rapprocher des détroits du Bosphore et des Dardanelles, solution qui offrirait l'accès à la Méditerranée, au grand dam de la marine britannique, maîtresse de cette mer. De plus les Russes mènent une politique très active dans le Pacifique, dont ils sont riverains en Sibérie et en Alaska. Le Royaume-Uni veut conserver la suprématie maritime acquise pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, cela suppose le maintien de la division de l'Europe, qui permet d'affaiblir les prétentions russes. Le Royaume-Uni est également favorable à un renforcement de la puissance de la Prusse en Allemagne qui ferait obstacle à l'influence russe en Europe. Russes et Britanniques sont en concurrence dans l'empire ottoman et en Asie centrale avec l'avancée russe vers la mer Caspienne et celle des Britanniques en Afghanistan. La Prusse et l'Autriche se disputent la suprématie en Allemagne. L'Autriche ne veut pas d'un agrandissement du royaume de Prusse au détriment du roi de Saxe, fidèle allié de Napoléon Ier : accroissement qui la ferait voisiner immédiatement avec la Prusse. Pour l'Autriche le morcellement de l'Allemagne reste une nécessité. La Prusse quant à elle accepte un glissement russe en Pologne pourvu que la Saxe lui soit accordée (accord russo-prussien de Kalisz du 28 février 1813). L'Autriche est hostile à la politique russe dans les Balkans (protection des minorités slaves de l'empire ottoman) qu'elle considère comme chasse gardée. Elle reçoit pour cette position le soutien du Royaume-Uni, qui lui aussi veut empêcher les Russes de s'installer en mer Méditerranée. Puissance vaincue la France tente d'alléger le coût territorial de sa défaite et de retrouver sa place dans le concert européen des souverains légitimes. Talleyrand obtient de pouvoir participer aux conférences initialement réservées aux quatre vainqueurs. Pour cela il promet à Castlereagh de soutenir la position britannique sur l'interdiction de la Traite des noirs. Également il est favorable au rétablissement des Bourbons dans le royaume des Deux-Siciles que défendent les Britanniques (L'Autriche souhaite le maintien sur le trône de Naples de son récent allié Joachim Murat). Talleyrand obtient la participation de la Suède, de l'Espagne et du Portugal aux réunions des grands, cela lui permet d'avoir des alliés face aux vainqueurs. Il réussit à séduire Metternich en le soutenant dans le maintien d'un royaume de Saxe, gênant pour la Prusse, en contrepartie de l'annexion par la Prusse de la Rhénanie (ce qui désormais fait de la Prusse le voisin immédiat de la France !). Pour cela il signe le 3 janvier 1815, avec l'Autriche et le Royaume-Uni un traité secret destiné à contrer la Russie et la Prusse en Allemagne. Modifications territorialesC'est la vision anglo-autrichienne qui l'emporte : recherche de l'équilibre européen et retour des rois légitimes. Les « aspirations des peuples à disposer d'eux-mêmes » (principe de la Révolution française) soit par l'indépendance (Belgique, Pologne, Chrétiens des Balkans), soit par l'unification (Italie et en partie Allemagne) ne sont pas prises en compte; il en est de même du souhait d'une partie des Européens à participer à une vie démocratique dans leur pays. Les sociétés secrètes (en particulier les carbonari italiens) pourront prospérer sur ce refus des idées nouvelles . On parle de l'instauration d'un Ordre de Vienne.
Beaucoup de petits États princiers disparaissent, victimes des appétits des vainqueurs. Les idées libérales (révolutionnaires) ont cependant marqué les esprits et restent présentes malgré leur négation par les puissances réactionnaires. Références
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