Corée du Nord

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조선민주주의인민공화국 (ko)
Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk (ko)
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République populaire démocratique de Corée (fr)
Drapeau de la Corée du Nord Armoiries de la Corée du Nord
(Détails) (Détails)
Devise nationale : 강성대국
(Un pays puissant et prospère)
Langue officielle Coréen
Capitale P'yŏngyang
39°2′N, 125°45′E
Plus grande ville P'yŏngyang
Forme de l’État
 - Président éternel
Président du Comité
de la défense

 - Président de l'
Assemblée

Premier ministre
Démocratie populaire
Kim Il-sung[1]
Kim Jong-il

Kim Yong-nam

Kim Yong-il
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 97e
120 540 km²
0,1%
Population
 - Totale (2006)
 - Densité
Classé 49e
23 113 000 hab.
190 hab./km²
Indépendance
 - Date
du Japon
15 août 1945
Gentilé Nord-Coréens
Monnaie Won (₩n) (KPW)
Fuseau horaire UTC +9
Hymne national A ch'im un pinnara,
i kangsan ungum e [1] Chant patriotique
Domaine internet Aucun
(.kp est réservé)
Indicatif
téléphonique
+850


La Corée du Nord, officiellement la République populaire démocratique de Corée (RPDC), est un État qui couvre la moitié nord de la péninsule coréenne à la pointe nord-est de l'Asie.

Elle est limitrophe de la Chine (1 416 km de frontières communes) et de la Russie au nord (19 km de frontières), ainsi que de la République de Corée au sud (238 km de frontières). Cette dernière frontière méridionale est constituée par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en réalité la plus militarisée au monde. Le Japon, proche voisin maritime de la Corée, n'a pas de frontière terrestre avec celle-ci, mais est séparé de la Corée du Nord par la mer du Japon.

Sommaire

Nom

La forme courte est Corée du Nord ou rarement Corée-du-Nord[2], Puk Chosŏn, en Hangul 북조선 ; en Hanja 北朝鮮 ; on trouve aussi dans les média sud-coréens Buk Han, en Hangul : 북한 ; en Hanja : 北韓.

La forme longue officielle est République populaire démocratique de Corée (RPDC, Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk, en Hangul : 조선민주주의인민공화국 ; en Hanja : 朝鮮民主主義人民共和國).

Le nom officiel de Chosŏn (Corée, ou Pays du matin frais traduit improprement en Pays du Matin calme) en Corée du Nord correspond à celui de la dernière dynastie indépendante coréenne avant l'invasion japonaise, la dynastie des Ri ou Chosŏn (1392-1910). En Corée du Sud, le nom coréen du pays est Hanguk, lequel fait référence au « pays (guk) des Han », nom d'une tribu préhistorique du sud de la péninsule. Quant au nom occidental de Corée, il renvoie à la dynastie Koryŏ qui a régné de 918 à 1392. « Corée » étant la résultante de la déformation linguistique italienne et lusitannienne des premiers explorateurs et commerçants occidentaux lors de leurs visites à la cour de Koryŏ. Cela a donné corio puis coria et enfin corea (terme souvent utilisé dans de nombreuses réclames ou slogans, footballistiques notamment, comme « Oh! Pilsŏng Corea », et préféré car moins connoté politiquement, comparativement à Korea qui a une connotation politique en lien avec les États-Unis).

Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire de la Corée du Nord.

Au lendemain de la capitulation japonaise le 15 août 1945, Kim Il Sung, qui avait dirigé l'armée révolutionnaire populaire coréenne (ARPC) dans la résistance coréenne à l'occupation japonaise, s'impose comme le principal dirigeant du pays en tant que secrétaire général du Parti du travail de Corée, issu de la fusion du Parti communiste et du Parti néo-démocratique de Corée.

Après la guerre de Corée qui a entraîné plus d'un million de morts au Nord, la Corée du Nord s'industrialise rapidement et cherche à atteindre l'autosuffisance politique, économique et militaire conformément aux principes de la théorie du juche.

En l'absence de traité de paix depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, des tensions internationales émaillent la politique extérieure de la Corée du Nord. Le 21 janvier 1968, des agents de la Corée du Nord attaquent le palais présidentiel sud-coréen à Séoul et un navire-espion américain, le Pueblo, est arraisonné dans les eaux territoriales nord-coréennes la même année.

Dans le domaine intérieur, le dirigeant Kim Jong-il, fils du président Kim Il-sung, est préparé officiellement à prendre sa succession dès 1980. Après le décès de ce dernier en 1994, et suite à un deuil national de trois ans conforme à la tradition coréenne après la mort du père, il accède officiellement aux plus hautes fonctions de l'État en 1997.

Le 31 août 1998, la Corée du Nord a procédé à une tentative de lancement d'un satellite artificiel, le Kwangmyongsong 1 depuis un missile balistique Taepodong-1. Aucune trace du satellite n'ayant pu être trouvée malgré l'annonce officielle du succès de ce vol, les spécialistes américains estiment que l'étage supérieur serait tombé en panne avant la mise sur orbite[3].

Le dirigeant Kim Jong-il encourage des mesures de libéralisation de l'économie depuis 2002, tout en renforçant la capacité militaire du pays, dans un contexte international tendu, en application de la politique de songun. Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord annonce avoir effectué son premier essai nucléaire, ce qui participe à augmenter les tensions avec la communauté internationale.

Politique

Icône de détail Article détaillé : Politique de la Corée du Nord.
Tour de l'idée Juche, Pyongyang

Selon l'article premier de la Constitution[4], « La République populaire démocratique de Corée est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen. ». L'article trois précise que « la République Populaire Démocratique de Corée prend pour guide de ses activités les idées du Juche, conception du monde axée sur l'homme et idéologie révolutionnaire en faveur de l'émancipation des masses populaires. ». Cette idéologie, instituée par Kim Il-sung qui selon lui s'inscrit dans le prolongement des principes marxistes-léninistes a pour conséquence l'application d'une politique d'indépendance, tant sur le plan politique que économique : les liens de coopération doivent se fonder sur le principe de complémentarité[5].

Le préambule de la Constitution donne au président Kim Il-sung, fondateur du régime en 1948 (lors de la division de la Corée), le titre de « président éternel », mais son fils est de facto le chef de l'exécutif depuis le décès de son père en 1994. Le pouvoir politique est fortement concentré entre les mains de ce dernier, qui cumule les postes de :

Cette concentration du pouvoir et la succession lors du décès de Kim Il-sung fait que certains observateurs occidentaux qualifient la Corée du Nord de dictature. La CIA qualifie le régime nord-coréen de dictature personnelle [6] en raison de l'important culte de la personnalité vis-à-vis des deux dirigeants. Les membres du parlement et de toutes les autres institutions de l'État ne sont pas élus au suffrage universel[7].

Si d'autres partis existent (le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u), ils sont sous le contrôle du Parti du travail de Corée[8]. La Corée du Nord présente ainsi les caractéristiques essentielles d'un régime stalinien à parti unique.

Droits de l'homme

Icône de détail Article détaillé : Droits de l'Homme en Corée du Nord.

La Corée du Nord a signé plusieurs traités l'engageant à respecter les Droits de l'homme et plusieurs articles de sa Constitution défendent plusieurs Libertés fondamentales. Mais en raison du manque d'informations disponibles, il est très difficile de vérifier leur respect.

Des gouvernements étrangers et des ONG comme Amnesty International soupçonnent fortement la Corée du Nord de ne pas respecter certaines libertés fondamentales (comme la liberté d'expression, d'association, de religion ou encore de circulation) et « exhorte le gouvernement de Corée du Nord à prendre sans plus attendre des mesures en vue d'améliorer le respect des droits humains dans le pays » [9].

Amnesty International a exprimé ses préoccupations concernant la persécution religieuse en Corée du Nord[10]. Selon un classement publié par Portes Ouvertes, une organisation internationale qui soutient les chrétiens persécutés, la Corée du Nord est actuellement le pays où les chrétiens sont le plus persécutés dans le monde[11].

Le travail forcé serait très fréquent au sein « d'un grand nombre de camps de détention » [12]. En 2003 le nombre de travailleurs forcés est estimé entre 150 000 à 200 000 [13].

Diplomatie

Après la partition de la péninsule coréenne, les États occidentaux reconnaissaient la Corée du Sud comme représentant seule la Corée, tandis que les États socialistes n'établissaient de relations diplomatiques qu'avec la Corée du Nord. Pendant la Guerre froide, tout en appartenant au bloc de l'Est, la Corée du Nord cherchait à préserver son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique en maintenant un équilibre dans ses relations avec la République populaire de Chine et l'URSS. Elle n'avait ainsi pas adhéré au Conseil d'assistance économique mutuelle et aucune troupe étrangère ne stationnait sur son territoire.

Après la disparition de l'URSS, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont adhéré simultanément à l'ONU le 17 septembre 1991 et ont diversifié leurs relations internationales. L'une et l'autre sont aujourd'hui reconnues par la quasi-totalité des États du monde, à l'exception toutefois - pour la Corée du Nord - de plusieurs grands États occidentaux, dont les États-Unis, le Japon et la France qui est l'un des deux pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître la Corée du Nord [14].

Rapprochement intercoréen depuis 2000

À l'initiative du président sud-coréen Kim Dae-jung, une rencontre a lieu en Corée du Nord avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il en juin 2000, scellée par une déclaration conjointe le 15 juin signée à Pyongyang : elle marque le début du rapprochement entre les deux États en vue d'une réunification de la Corée.

Quelques entreprises sud-coréennes se sont implantées au Nord[15], notamment à Kaesong et la Corée du Sud est devenue le second partenaire commercial de la Corée du Nord. Les monts Kumgang ont été visités par plus d'un million de Sud-Coréens depuis 1997. Des rencontres régulières ont lieu au niveau ministériel.

La politique d'ouverture au Nord du président Kim Dae-jung a été poursuivie par son successeur Roh Moo-hyun. Le principal parti d'opposition sud-coréen, le Grand parti national, après avoir fortement critiqué la « politique du rayon de soleil », s'est rallié, début juillet 2007, au principe d'un rapprochement progressif entre les deux Corées fondé sur le développement des relations inter-coréennes[16]. Toutefois, la loi de sécurité nationale (destinée à lutter contre la « subversion communiste ») est toujours en vigueur en Corée du Sud.

Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant du Nord Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, initialement prévu à Pyongyang du 28 au 30 août 2007[17],[18], a été reporté du 2 au 4 octobre [19]après que les plus graves inondations en Corée du Nord depuis quarante ans ont entraîné 600 morts et disparus et touché un million de personnes[20]. L'accord intercoréen signé le 4 octobre 2007 a souligné l'engagement commun des deux États pour promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule[21].

Alliance avec la Chine

Ayant soutenu la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, la Chine est devenue la principale alliée de la Corée du Nord depuis la disparition de l'URSS, ainsi que son premier partenaire commercial[22] et le premier investisseur étranger en RPDC.

Les relations bilatérales se fondent sur le traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre la République populaire démocratique de Corée et la République populaire de Chine, signé en 1961[22].

Voulant s'affirmer comme une grande puissance consciente de ses responsabilités internationales, notamment pour la stabilité politique de l'Asie du Nord-Est, la Chine a toutefois initié des pourparlers multilatéraux en vue d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne : la Corée du Nord renoncerait à ses armes nucléaires en contrepartie d'un accès au nucléaire civil et de garanties de non-agression par les États-Unis[22].

Contentieux latents avec le Japon

Les relations avec le Japon, qui a occupé la Corée de 1905 à 1945, restent tendues. Mais alors que la Corée du Nord demande des réparations[23] au titre des dommages subis pendant l'occupation japonaise (marquées notamment par la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre mondiale), le Japon considère comme prioritaire la question de l'enlèvement de plusieurs de ses ressortissants par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980 [24]. Par ailleurs, les tirs de missile nord-coréens, puis l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, ont été perçus au Japon comme des menaces pour l'archipel nippon : le gouvernement japonais a adopté des sanctions contre la Corée du Nord [25] (voir aussi l'article détaille sur les Relations nippo - nord-coréennes pendant le mandat de Junichiro Koizumi).

Après la signature d'un accord sur les Armes nucléaires en Corée du Nord à Pékin le 13 février 2007, le Japon et la Corée du Nord ont engagé des négociations bilatérales pour normaliser leurs relations diplomatiques[26].

En l'absence de relations diplomatiques officielles au niveau gouvernemental, la Ligue d'amitié parlementaire Japon-Corée du Nord traite de questions d'intérêt commun pour les deux pays, telles que la délimitation des zones de pêche.

Tensions avec les États-Unis

Vis-à-vis des États-Unis, dont près de 30 000 soldats sont toujours stationnés en Corée du Sud en 2006 [27], le processus de normalisation en cours sous la présidence de Bill Clinton a pris fin avec l'élection de George W. Bush, qui a inclus la Corée du Nord dans les pays de l'Axe du Mal en janvier 2002, tandis que le renforcement des sanctions financières américaines contre la Corée du Nord a accru les effets de l'embargo américain.

Les tensions américano - nord-coréennes ont monté d'un cran après l'accusation par les États-Unis que la Corée du Nord conduirait un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, ce que la Corée du Nord a toujours nié. En février 2007, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph deTrani, a mis en doute l'existence d'un tel programme clandestin d'enrichissement de l'uranium. David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, a fait une comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit, selon lesquelles l'Irak détenait des armes de destruction massives [28].

Les relations bilatérales sont actuellement en voie de normalisation après l'accord signé à Pékin le 13 février 2007 sur la fermeture de la centrale nucléaire nord-coréenne de Yongbyon[29]. En juin 2007, la visite du secrétaire d'État adjoint américain en charge du dossier nord-coréen, Christopher Hill, a été la première à ce niveau depuis 2002 [30].

Programme nucléaire

Dans un contexte de tensions avec les États-Unis qui l'accusait de mener un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, la Corée du Nord a présenté le développement de son programme nucléaire (à base de plutonium) comme une mesure de défense face à l'attitude qu'elle jugeait « agressive » des États-Unis : elle a procédé à un essai le 9 octobre 2006 après s'être retirée du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2003. Cet essai a été fortement critiqué par la communauté internationale, y compris par la Chine, principal allié de Pyongyang. Ce dernier a en représailles stoppé la fourniture de pétrole durant trois mois [31].

Après l'accord conclu à Pékin le 13 février 2007 sur les Armes nucléaires en Corée du Nord, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a été invité à Pyongyang. À l'issue de sa visite, il a déclaré, le 14 mars 2007, que les discussions avaient été « tout à fait utiles » et que les autorités nord-coréennes avaient « réitéré leur engagement à la dénucléarisation de la péninsule coréenne » [32]. Selon Mohamed ElBaradei, sa visite ouvre la voie à une normalisation des relations entre l'AIEA et la Corée du Nord [33]. Après que le déblocage par les États-Unis de fonds nord-coréens détenus par la Banco Delta Asia, basée à Macao, eut levé le principal obstacle à la mise en œuvre de l'accord du 13 février 2007, le directeur général de l'AIEA a déclaré, le 18 juillet 2007, que les inspecteurs de l'Agence avaient constaté la fermeture de la totalité des cinq installations du site de Yongbyon [34].

Relations avec les ONG

Les relations de la Corée du Nord avec les organisations internationales et les ONG sont également tendues, car elle limite sévèrement l'accès à son territoire, officiellement « pour des raisons de sécurité », comme c'est le cas à l'égard du Programme alimentaire mondial (PAM) [35]. En 2007, seulement six ONG internationales dont deux françaises (Première Urgence et Triangle) sont effectivement présentes en Corée du Nord sous couvert de l'Union européenne.

Trafic de drogues

Dans les années 1990, la Corée du Nord est soupçonnée entre autres par la Russie et le Japon d’exporter des drogues produites sur son territoire. Seize affaires impliquent des diplomates nord-coréens durant cette décennie. Des diplomates nord-coréens sont aussi impliqués dans des trafics d’espèces protégées, de fausses antiquités, de CD piratés, de cigarettes de contrebande et de fausse monnaie. Pour le gouvernement nord-coréen, il s’agit de corruption et non d'une politique délibérée du gouvernement. La CIA estime que la production d'opium dans le pays variait alors entre 30 à 44 tonnes. Le gouvernement nord-coréen ne nie pas cultiver de l'opium mais affirme que c'est pour un usage pharmaceutique. Depuis 2000, le gouvernement nord-coréen aurait pris des mesures afin de mieux surveiller ses diplomates[36].

Forces armées

Icône de détail Article détaillé : Armée populaire de Corée.

Créée le 8 février 1948, l'Armée populaire de Corée est en 2006 la cinquième plus importante armée du monde en effectifs (1 106 000 d'active et 4 700 000 de réserve) et la première en nombre de militaires pour 1 000 habitants (49,03)[37].

Depuis la guerre de Corée, elle est toujours mobilisée sur la frontière intercoréenne où des accrochages meurtriers ont lieu de temps en temps.

Des pilotes nord-coréens ont participé à la guerre du Kippour dans les rangs des forces arabes[38].

Une part importante du budget de l'État (à hauteur de 5,217 milliards de dollars en 2002 selon la CIA[39]) est consacrée à l'entretien et au développement de l'armée.

Après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, la République populaire démocratique de Corée est devenue la neuvième puissance mondiale actuelle à détenir l'arme nucléaire.

Géographie

Géographie physique

Icône de détail Article détaillé : Géographie de la Corée du Nord.
Image satellite de la Corée en hiver

Le pays se situe en Asie orientale, au nord de la péninsule de Corée, dont il occupe environ 55% des terres [13]. D'une superficie de 120 538 km², il est bordé au nord par la Chine (frontière 1416 km), au nord-est par la Russie (frontières de 19 km) et au sud par la Corée du Sud (frontières de 238 km). Ses frontières maritimes sont marquées à l'est par la mer du Japon, appelée par les Coréens mer de l'Est[40] et à l'ouest par la mer Jaune, mer bordière de la mer de Chine orientale.

Les principaux fleuves sont le Yalou (baptisé Amnok par les coréens), long de 800 km et le Tumen, dont le cours atteint 521 km.

La ville la plus importante est Pyongyang, la capitale; les autres villes principales du pays sont Chongjin, Wonsan, Nampo, Kaesong et Hamhung.

Sur le grand plateau de Kaéma, au nord-est du pays, s'élève le Mont Paektu (2 750 m), point culminant du pays. Dans le paysage désolé et grandiose du cratère volcanique de cet ancien volcan s'étend le lac Chon. Cinquante montagnes dépassent par ailleurs 2 000 m (pour la plupart situées dans le Hamgyong). Les trois quarts du pays sont montagneux ou constitués de plateaux en majeure partie recouverts de forêts (conifères, chênes, châtaigniers, etc.).

Le climat est de type tempéré continental, caractérisé par une amplitude annuelle de 35°C à Pyongyang (la température moyenne au mois de janvier est de - 8°C et celle du mois de juillet est de 27°C) et des étés chauds et humides. Les précipitations annuelles atteignent 916 mm à Pyongyang et 1 400 mm à Wonsan, sur la côte est. En 1967, 1995, 2006 et 2007 le pays a été soumis à de très fortes inondations qui ont entraîné de lourdes pertes humaines et matérielles.

Le climat est caractérisé par un hiver long, froid et un été humide. Les 2/3 des précipitations annuelles interviennent durant la mousson d'été, de juin à septembre. À l'automne, les typhons ne sont pas rares.

Faune et flore

La faune nord-coréenne fait partie d'un ensemble plus vaste qui regroupe le nord-est de la Chine et l'est de la Sibérie. Elle compte notamment des daims, des antilopes, des léopards, des panthères, des ours bruns et noirs, des tigres (dont le tigre en Corée appartenant à la sous-espèce du tigre de Sibérie), des zibelines, des cerfs et des sarcelles du lac Baïkal. Parmi les espèces avicoles, le pic-vert noir à ventre blanc est propre au nord de la Corée[41].

Pour la flore, la Corée du Nord abrite plusieurs parcs naturels, en particulier dans les régions des Monts Chilbo, Paektu, Kuwol, Myohyang et Kumgang[42].

Géographie administrative

Carte administrative de la Corée du Nord

La Corée du Nord compte neuf provinces et quatre villes sous statut administratif propre.

Les neuf provinces sont[43] :

Les cinq villes ayant un statut particulier sont :

Les trois dernières citées étant également des zones économiques spéciales.

Géographie humaine

Peuplement

Les premiers peuplements de la Corée datent de l'époque paléolithique il y a plus d'un million d'années. Les premières populations d'hommes modernes, de type homo sapiens, sont présentes il y a 30 000 à 40 000 ans dans les provinces du Nord Hamgyong et du Pyongan du Sud, situées aujourd'hui dans le nord de la péninsule coréenne. Leur architecture de type dolmens est également commune à l'Europe, à l'Inde et au Proche-Orient à la même époque[44].

L'unité territoriale de la Corée et l'identité anthropomorphique des Coréens sont attestées il y a 7.000 ans[45].

Au plan linguistique, les Coréens seraient directement apparentés aux Indo-Européens au sein de l'ensemble plus vaste des populations eurasiatiques selon les linguistes J.H. Greenberg et M. Ruhlen[46]. Les travaux du généticien Luca Cavalli-Sforza confirment l'hypothèse d'une parenté entre les Coréens et les Indo-Européens[47].

Démographie

Icône de détail Article détaillé : Démographie de la Corée du Nord.
Évolution démographique entre 1961 et 2003 en milliers d'habitants [48]

La population nord-coréenne était estimée à environ 23 113 000 habitants en juillet 2006 [49], soit une densité d'un peu moins 192 personnes par kilomètre carré. En 2005, environ 60% de la population est citadine [13].

L'âge moyen est de 32 ans et 23,8 % de la population a moins de 14 ans, 68 % entre 15 et 64 ans et 8,2 % plus de 65 ans [49].

L'indice synthétique de fécondité est estimé en 2006 à 2,1 enfants par femme, pour un taux d'accroissement naturel estimé à 0,84% par an. Le taux de natalité est estimé à 15,54 pour mille et celui de mortalité à 7,13 pour mille en 2006.

L'espérance de vie en 2006 est de 71,65 ans, ce qui la place juste après la Roumanie (71,63 ans) [49]. Bien que les conditions de vie soient bien meilleures qu'à la fin des années 1990, après la famine, la situation reste critique, particulièrement en ce qui concerne l'alimentation [50]. Ces problèmes font que le taux de mortalité infantile est estimé à 23,29 pour mille en 2006 [49].

Migrations humaines

93 000 Coréens du Japon, appartenant à l'association Chongryon (favorables à Pyongyang), sont venus s'installer en Corée du Nord, principalement entre 1959 et 1962, parfois accompagnés d'un conjoint japonais[51] dans des conditions alors critiquées par l'association Mindan des Sud-Coréens du Japon[52]. La Corée du Nord compte ainsi une petite communauté japonaise estimée à 1 800 personnes. En outre, une minorité chinoise de 50 000 personnes est présente en Corée du Nord, ainsi qu'une communauté d'origine vietnamienne[53]. Mais depuis plusieurs années le taux d'immigration est extrêmement faible et en 2006 il est estimé à zéro. Cela fait de la Corée du Nord un pays très homogène sur le plan ethnique[49].

Au sein de l'importante diaspora coréenne (présente notamment en Chine, aux États-Unis, au Canada, au Kazakhstan), plus d'un tiers des quelque 600 000 Coréens du Japon sont citoyens de la République populaire démocratique de Corée. Ils sont regroupés au sein de l'association générale des Coréens résidant au Japon, généralement désignée par son acronyme Chongryon (nom japonais : Chôsen Soren), lequel peut également être orthographié Chongryun.

Selon le bulletin La lettre de Corée de l'association d'amitié Corée-France (favorable à la Corée du Sud et hostile à la Corée du Nord) jusqu'à 300 000 Coréens du Nord « se cacheraient » en Chine et 1 285 réfugiés nord-coréens sont parvenus en Corée du Sud en 2003[54]. Les spécialistes estiment plus vraisemblables le chiffre de 100 000 Nord-Coréens présents en Chine, voire moins, en observant que « l'immigration illégale n'est, par nature, pas enregistrée officiellement » et qu'« une grande partie des mouvements de population le long de la frontière sont légaux, avec des personnes allant travailler ou étudier à l'étranger[55] ». La fuite de plus de 450 Nord-Coréens arrivés à Séoul le 27 juillet 2004 a été qualifié de « kidnapping planifié et un crime de terrorisme flagrant » par les autorités nord-coréennes[56].

Économie

Icône de détail Article détaillé : Économie de la Corée du Nord.
Confrontée à des pénuries d'énergie depuis les années 1990, la Corée du Nord consacre 85% de l'électricité produite à l'industrie [57], comme le montre cette photo satellite de la péninsule coréenne prise de nuit.

La Corée du Nord a une économie planifiée. Suivant l'idéologie de Juche, la Corée du Nord a cherché pendant longtemps l'autosuffisance et a de ce fait eu une politique économique d'autarcie. Bien que les échanges avec l'extérieur aient été réduits, elle a reçu une importante aide chinoise et soviétique après la guerre de Corée (1950-1953), achetant à des tarifs préférentiels des matières premières non présentes sur son sol (comme le pétrole).

Depuis 2002, certaines réformes économiques ont été mises en place, comparables aux mesures de libéralisation mise en place en Chine dans les années 1990[58].

Les réformes sont toutefois présentées comme temporaires et certaines n'ont pas été maintenues. Depuis octobre 2005, le riz n'est plus vendu sur les marchés privés et relève à nouveau du seul système public de distribution. Cette mesure a été justifiée par l'augmentation de la production de céréales, alors que le développement des marchés privés avait augmenté les inégalités dans l'accès au riz, base de l'alimentation coréenne[59].

Données globales

En l'absence de statistiques officielles, les données chiffrées sur l'économie nord-coréenne proviennent des institutions internationales et sud-coréennes, ainsi que des chercheurs occidentaux et sud-coréens. Elles sont établies notamment à partir des observations recueillies par les étrangers et les Sud-Coréens présents en Corée du Nord. De ce fait, les estimations sont partiellement incomplètes.

Croissance économique

Après la guerre de Corée, la croissance économique a été aussi rapide, voire plus, qu'en Corée du Sud : elle atteint 10 % par an en moyenne entre 1960 et 1970 et dépasse 17 % entre 1971 et 1975. Le ralentissement économique à partir de 1976 coïncide toutefois avec un dépassement, pour la première fois, de la Corée du Nord par la Corée du Sud en termes de produit national brut (PNB) par habitant[60].

Après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est, la croissance économique a été nettement négative jusqu'en 1998 selon le ministère sud-coréen de la réunification. D'après la même source, le taux de croissance annuel moyen dépasse 3 % depuis 1999, mais la Corée du Nord n'a pas encore retrouvé le niveau d'autosuffisance alimentaire[61].

Évaluations du PNB global et par habitant

Selon le ministère de la réunification sud-coréen, le PNB de la Corée du Nord est passé de 15,7 milliards de dollars en 2001 à 20,8 milliards de dollars en 2004, soit un PNB moyen par an et par habitant de 914 $ en 2004 [62]. Selon d'autres sources, il s'élèverait en parité de pouvoir d'achat à environ 40 milliards de dollars en 2005 [63], soit 1 800 $ dollars par habitant.

Relations économiques internationales

En 2005, les principaux destinataires des exportations nord-coréennes étaient la Chine (35%), la Corée du Sud (24%), la Thaïlande (9%) et le Japon (9%). À la même date, les principaux fournisseurs de la Corée du Nord étaient la Chine (42%), la Corée du Sud (28%), la Russie (9%) et la Thaïlande (8%).

La dette extérieure était estimée en 2000 à 12,5 milliards de dollars[64].

En 2007, plusieurs associations estiment à 15 000 le nombres d'ouvriers (en majorité féminins) travaillant à l'étranger et reversant une partie de leur salaire à l'État [65].

Niveau de développement

Le niveau de production d'électricité est un indicateur de l'industrialisation du pays. Il est en 2004 évalué à 21,71 milliards de kWh (939 kWh par habitants) [66].

Voici quelques indicateurs de développement pour situer les conditions de vie des Nord-Coréens :

  • le nombre de lignes téléphoniques est de 930 000 en 2003 (0,04 par habitant), légèrement supérieur à celui du Yémen (0,03 par habitant),
  • le taux de mortalité infantile est estimé à 23,29 pour mille en 2006, légèrement inférieur à celui de la Roumanie (25,50 pour mille)[67].

Situation alimentaire

La Corée du Nord avait atteint et dépassé le niveau d'autosuffisance alimentaire au début des années 1990, alors même que la majeure partie des terres arables étaient situées au sud lors de la division de la Corée [68].

Toutefois, la situation s'est gravement détériorée dans les années 1990, sous l'effet conjugué de différents facteurs [68] :

  • la diminution des échanges avec la Russie et la Chine, et en particulier la fin des livraisons de pétrole soviétique à des conditions préférentielles,
  • une série de catastrophes climatiques (sécheresses, inondations) : la sécheresse du printemps 2001, la plus forte des 80 dernières années, a été suivie de l'hiver le plus froid depuis 50 ans et les inondations de 2007 ont détruit plus de 11 % des récoltes du pays. ;
  • une sur-utilisation des engrais et des pesticides ayant épuisé les sols ;
  • la déforestation, ayant entraîné le lessivage des sols lors des inondations.

Selon certaines ONG, comme Médecins sans frontières [69], le fonctionnement même du système économique (centralisé et qui inciterait les responsables de provinces à truquer à la hausse les résultats) aurait été un des facteurs de la famine entre 1995 et 1999, ayant conduit le pays à faire pour la première fois appel à l'aide internationale. Cette explication sur l'incidence du mode d'organisation économique n'est pas retenue par d'autres analyses [68] qui relèvent que le système économique centralisé a, au contraire, permis de mobiliser les ressources du pays sur l'objectif prioritaire de retour à l'autosuffisance alimentaire, en l'orientant de l'industrie vers l'agriculture.

En 2005, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait que la moitié de la population était sous-alimentée et que plus du tiers des habitants souffraient de malnutrition chronique. Toujours selon le PAM, le taux de malnutrition aiguë, qui s'établissait à 16% à la fin des années 1990, était estimé en 2005 à 7%. Près de 40% des enfants présentaient des retards de croissance biologique. Environ 70% de la population n'aurait accès qu'au système public de distribution. La quantité des rations avait diminué de « 319 grammes par jour et par personne en 2003 – ce qui était déjà insuffisant – à 250 grammes en mars 2005 » [35].

En 2007, l'ONU évalue à environ un cinquième de ses besoins le déficit alimentaire de la Corée du Nord et, parmi les aides étrangères, la Corée du Sud doit livrer 400 000 tonnes de riz en six mois [70]. La situation pourrait être aggravée par les inondations d'août 2007 qui ont entraîné d' "énormes dommages humains et matériels" selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA : plusieurs centaines de personnes seraient mortes ou disparues et des dizaines de milliers de familles seraient sans-abris, les dommages étant également très importants pour le réseau de communications et de transports[71].

En 2008, l'administration américaine fournit à la Corée du Nord 500 000 tonnes de denrées alimentaires. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU en distribue près de 400 000 tonnes, et les ONG américaines près de 100 000 tonnes [72].

Transports

Icône de détail Article détaillé : Transports en Corée du Nord.
Tramway, à Pyongyang

En raison de la pénurie de pétrole qui limite la circulation automobile et le transport routier ne représente que 12 % du transport de fret [13].

En 1999 on estime qu'il existe 31 200 kilomètres de routes, dont seulement 1 997 kilomètres sont pavés (6,4 %) [73]. Le nombre de véhicules est estimé à 264 000 en 1990, principalement utilisés par l'armée [13]. Des agents de circulations sont présent dans la capitale à certains carrefours, organisant une circulation automobile quasi-inexistante [74].

Le chemin de fer compte 5 214 km de voies en 2005, dont la majeure partie (3 500 km) sont électrifiés. Il représente le principal mode de transport en acheminant 86 % du fret et 80 % des personnes circulant dans le pays [13]. Le réseau ferroviaire est relié à l'étranger avec la Chine et le transsibérien. D'après certains analystes, la connexion de ce réseau avec celui de la Corée du Sud pourrait entraîner de grands changements géopolitiques (voir [75] et