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Les lichens sont le résultat d'une symbiose entre un champignon hétérotrophe (ascomycète, basidiomycète ou deutéromycète) et une algue verte ou une cyanobactérie, autotrophes (chlorophylliens).
Planche illustrative (de Ernst Haeckel (1834-1919))
Sol de pinède couvert de lichens fruticuleux (genre Cladonia) au nord de l'Allemagne
Lichen de forme intermédiaire entre un thalle foliacé et un thalle fruticuleux (Evernia prunastri)
Le lichen d'Islande (Cetraria islandica) a été utilisé comme médicament.
Cette association est :
C'est une association à bénéfices réciproques pour les partenaires, qui entraîne des modifications morphologiques et physiologiques (ces dernières liées à des interactions génétiques entre les deux partenaires). Le champignon fournit le support, les sels minéraux et la réserve d'humidité ; l'algue fournit les nutriments issus de la synthèse chlorophyllienne. Le mot "lichen" vient du grec et se prononce Liken. Il désignait autrefois toutes les structures épiphytes dont les lichens encroutants présentés comme des dartres, et parfois considérés comme excréments de la terre pour les lichens du sol[1].
Généralités sur les partenairesDans cette association, le champignon s'appelle le mycobionte. L'autre protagoniste, algue ou cyanobactérie, est nommé phycobionte ou photobionte. On estime le nombre de lichens à 17 000 espèces environ. Mais une centaine de nouvelles espèces sont décrites chaque année. Les champignons impliqués dans la symbiose lichenique représentent environ 1/5 de l'ensemble des champignons actuellement connus. Le genre du mycobionte dépend du lichen, car le champignon ne sait vivre qu'en symbiose avec un phytobionte. Celui-ci peut, par contre, vivre sans symbiose. Lorsque le phytobionte est une cyanobactérie, il s'agit d'une bactérie de forme unicellulaire ou filamenteuse, très souvent du genre Nostoc. Lorsque le phytobionte est une algue verte, dans de nombreux cas, elle appartient au genre Trebouxia (lychen souvent vert) ou Trentepohlia (lychen souvent orange, en raison des gouttelettes de caroténoïdes de Trentepohlia). L'algue est formée de cellules chlorophylliennes qui portent le nom de gonidie. Pour se reproduire, le lichen peut présenter :
Il existe une spécificité d'association étroite ou large. La plupart des lichens sont modérément spécifiques. Un même mycobionte peut s'associer à différentes espèces de phytobionte. Le plus vieux fossile de lichen date du dévonien (-400 millions d'années). NutritionLe mycobionte reçoit des nutriments issus de la photosynthèse du phytobionte. Le phytobionte reçoit un certain nombre de composés minéraux provenant du mycobionte. Certains sont fixateurs de l'azote atmosphérique. Morphologie et structure des thallesOn distingue trois types de lichens selon l'aspect global de leur thalle :
En ce qui concerne les relations entre le mycobionte et le phytobionte, on distingue trois cas de figure.
Résistance aux conditions extrêmesLes lichens ont la capacité de résister à de très fortes dessiccations. Certains lichens peuvent vivre avec une teneur en eau de 2 %. Ils sont aussi capables de se réhydrater. En général, les lichens contiennent beaucoup d'eau (100 à 300 % par rapport à la matière sèche du lichen). La résistance hydrique des lichens provient surtout du mycobionte qui sécrète des polysaccharides autour de l'hyphe créant ainsi une zone qui piège l'eau sous forme colloïdale. De plus, les lichens stockent des polyols, qui servent de réserve d'eau. La reprise du métabolisme après une sécheresse est très rapide. Le lichen retrouve ses capacités métaboliques de 5 à 30 minutes après une réhydratation. Les lichens peuvent également survivre à des variations de température importantes pouvant aller de -70 à +70 °C. Répartition des lichensBeaucoup d'espèces sont pionnières, capables de coloniser des milieux extrêmes. Ils ont des croissances très lentes, de l'ordre de quelques millimètres par an. Par exemple, le Rhizocarpon geographicum est un lichen qui a une croissance de quelques centièmes de millimètres par an. Les lichens vivent très longtemps. Cette caractéristique permet notamment de dater leur support par le rapport taille et vitesse de croissance. 8 % des écosystèmes terrestres sont dominés par les lichens. Par exemple, ils représentent 65 % de la flore à la limite du désert polaire arctique. Une plante sans frontière, colonisant le cercle polaire connaissant un court été, tout aussi bien que le nord des forêts tempérées. Les régions humides parfois sèches plus au Sud ont leurs variétés de lichens... Intérêt écologiqueDans l'écosystème, les lichens sont une source importante de nourriture pour de nombreuses espèces, y compris parfois pour de grands mammifères (rennes ou caribous en particulier). Certaines chenilles de papillons nocturnes (Noctua promissa, Noctua sponsa, Noctua nupta (= Catocala nupta) étaient autrefois dites « lichenées » ou « likenées » parce qu'elles se nourrissent des lichens qui poussent sur les arbres[2]. Ils jouent aussi un rôle important en captant les particules de l'air et des pluies, contribuant à l'épuration permanente des milieux et au recyclage des éléments. Dans les milieux minéraux, ils sont le premier stade avant l'apparition des mousses et de l'humus. Les lichens se nourrissent de ce que leurs apportent l'air et les eaux météoritiques et les particules, excréments, pollens, etc, qu'ils peuvent intercepter et capter. Ils sont capables de faire des réserves et d'accumuler des composés minéraux, bien au-delà des besoins de leur organisme. Cette accumulation est extra-cellulaire et se fait par le mycobionte.
Indicateur de pollution : Leurs besoins en sels minéraux sont assez limités car les lichens sont de faibles consommateurs et peuvent provisoirement stopper leur croissance. Ils se nourrissent à partir de l'atmosphère (minéraux sous forme de solutés dans les eaux de pluie). Les lichens ont aussi la possibilité de solubiliser des éléments minéraux du substrat en excrétant, par l'intermédiaire du champignon, des acides organiques. Les lichens concentrent notamment les métaux lourds et certains acides, ce qui peut entraîner leur mort. C'est pourquoi une carte de répartition des lichens apporte des éléments sur la localisation de zones plus ou moins polluées. Intérêt économiqueLes lichens renferment une substance amylacée mucilagineuse, la lichénine à laquelle on a reconnu des propriétés nutritives et médicamenteuses. Alimentaire
MédicinalLa médecine a utilisé des espèces comme le lichen d'Islande (Cetraria islandica), la pulmonaire (Sticta pulmonacea), le lichen pyxidé (Cladonia pyxidata) autrefois réputé pour la toux, et le lichen du chien (Peltigera canina. L'usnée du crâne humain (Usnea plicata) récoltée sur le crâne des pendus, se payait à prix d'or pour guérir, croyait-on, l'épilepsie. Si cette pharmacopée est aujourd'hui tombée dans l'oubli et certaines croyances des anciens font désormais sourire, la recherche médicale moderne (notamment en industrie pharmaceutique et en microbiologie) ne tarit plus d'éloges et nourrit des espoirs thérapeutiques, lesquels feront peut-être à leur tour sourire demain. Un exemple :
Industrie teinturièreOn tire des lichens des colorants de nuances assez riches. De belles teintes de bleu, pourpre (rouge violacé) et violet sont données par la parelle d'Auvergne, Ochrolechia parella, l'orseille des Canaries (Roccella tinctoria). D'autres espèces sont utilisées traditionnellement, notamment en Scandinavie :
Autres usages
Toxicité des lichensOn a prétendu jadis qu'aucun lichen n'était vraiment vénéneux[4], à l'exception de quelques troubles intestinaux provoqués par les espèces très amères. Par la suite, on a rapporté l'utilisation de Letharia vulpina et Cetraria pinastri en Scandinavie pour empoisonner les loups. Le principe toxique agirait par inhibition de la respiration, entraînant la mort[5].
Depuis, comme pour les champignons, la liste des lichens toxiques ne cesse de s'allonger, parmi lesquels :
SystématiqueLa classification de Alexander Zahlbruckner (1860-1938) (1907, 1926), malgré son ancienneté, garde une valeur pratique face aux classifications récentes souvent incomplètes. Elle décompose la classe des lichens selon le schéma suivant :
Notes
Références
Voir aussiLiens internesLiens externes
More about Lichen: lichen planus, lichen sclerosus, oral lichen planus, lichen planopilaris, lichen nitidus, lichen picture, lichen rocks, lichen of north america, lichen simplex, |
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