Le royaume de Kanem (Tchad) établit sa domination jusqu’au Fezzan.
Au Dahomey, vers le XIIe ou le XIIIe siècle, des Adja vivent sur les rives du Mono, entre Tado et Athiémé. Une partie de cette tribu se déplace plus tard vers un territoire voisin et fonde la ville d’Allada (Ardra ou Ardes). À la suite de querelles pour le pouvoir, une partie des Adja d’Allada fonde une chefferie indépendante dans les environs d’Abomey. Peu après, une autre fraction des Adja quitte aussi Allada et fonde sur le littoral le royaume de Djakin (ou de Porto-Novo).
Des immigrants venus du Mali convertissent les Haoussa à l’Islam.
Vers le XIIIe ou le XIVe siècle, des pasteurs tutsi commencent à s’installer dans le Ruanda oriental où sont déjà établis des cultivateurs hutu et des chasseurs pygméestoua. Au cours des siècles suivants, les Tutsi affirment leur supériorité sur les Hutu en leur louant une partie de leur cheptel à des conditions qui transforment les Hutu en serfs.
Apogée du comptoir persan de Kiloa et des Comores au XIIIe siècle.
Madagascar
De nombreux Indonésiens continuent à s’installer sur la côte orientale de Madagascar jusqu’au XIIIe siècle. Les migrations d’Africains continuent à cette époque vers la côte occidentale.
Les Arabes de Kiloa ont fondé des établissements aux Comores, mais n’occupent pas la grande île. Par contre de nombreux métis, les Antalaotes, originaires des Comores, s’implantent sur la côte septentrionale. Issus d’un métissage d’Arabes, de Malgaches et d’Africains, ils parlent une langue dérivée du swahili.
Sur la côte nord-orientale s’établissent les Iharaniens, peuple très métissé mais à prédominance africaine.
Sur la côte sud-est font souche vers le XIIIe siècle les Zafi (descendants de) Ramiria, qui seraient les ancêtres des Antambahoaka et des Antanosi.
Les Antemoro s’installent sur la côte sud-est entre le XIIIe et le XVIe siècle. Originaires des Comores, ils auraient vécu dans la région des Iharana avant de prendre racine plus au sud.
Des naufragés de toute origine (indiens, indonésiens, arabisés, puis portugais) ont également fondé, entre le XIIIe et le XVIe siècle, des villes sur le littoral malgache. Ils sont rapidement assimilés et perdent leurs caractères d’origine.
Une partie des peuples du littoral pénètre lentement vers l’intérieur de l’île. Dans le sud-est, les Zafi-Manara fondent la dynastie des Antandroy et les Zafi-Ndravola celle des Masikoro. Dans l’est, le prince antemoro Rambo est à l’origine des Tanala de l’Ikongo. Sur le plateau central, à la fin du XIVe et au début du XVe siècle arrivent les Hova et leurs chefs les Andriana, ayant un type indonésien très marqué.
Amérique
La culture d’Anasazi, venue du nord, prédomine dans l’ensemble Pueblo occidental (1200-1400). De hauts et solides murs d’adobe sont édifiés pour protéger les villages des pillards, peut-être des tribus nomades Apaches.
Asie
Règne d'Angrok, roi semi légendaire de Singosari (Java). Son histoire est contée dans le Pararaton ou Livre des rois. Fils de paysan, il est peut-être le symbole de la réaction javanaise contre l’influence indienne. Il arrive au pouvoir en assassinant le roi de Kadiri dont il épouse la veuve.
Fondation dans le nord de Sumatra du sultanat de Pasai, premier royaume musulman indonésien attesté.
Le shogun du Japon établit des contacts avec les Aïnous de l’île de Yeso (Hokkaido). Organisé en chefferies, les Aïnous ont une culture autonome, qui s’exprime dans Yucar, le poème épique de la nation.
Expansion, notamment au début du siècle avec Gengis Khan, et apogée de l'Empire Mongol, plus vaste empire continu ayant jamais existé.
Les textes écrits les plus anciens de Madagascar sont les Sorabes, textes en langue malgache et en caractères arabes, écrits sur du papier dont les Antemoro détenaient le secret de fabrication.
Vers 1200, la masse paysanne en France est en majorité composée de serfs, embrigadés dans le cadre de la seigneurie et uniformément astreints à trois charges spécifiques : le chevage, le formariage et la mainmorte. Au cours du XIIIe siècle, le progrès économique conduit les maîtres à accorder des affranchissements individuels ou collectifs, de sorte que le servage devient le lot des plus démunis.
Apparition des villages forestiers (Waldhufendorf) dans les régions alpines à partir de 1200. Ils s’étendent le long d’une route avec des champs perpendiculaires à celle-ci. La main-d’œuvre est fournie par des paysans serfs à qui des chartes de colonisation offrent des conditions plus avantageuses.
Le XIIIe siècle est marqué en Bohême par un net accroissement de la population. Concentrée jusque-là dans le bassin de l'Elbe (Polabí), très favorable à l’agriculture, elle défriche intensément les montagnes du quadrilatère de Bohême. C’est surtout l’œuvre de colons allemands venus de Thuringe, de Souabe, de Saxe ou d’Autriche. Des villages sont créés par des contrats écrits entre les seigneurs et les colons, garantissant à ces derniers le droit héréditaire sur leurs terres. Dirigés par le colon le plus riche (rychter ou šule), ils développent en plaine l’assolement triennal pratiqué par les Germains, mais l’exploitation minière constitue la richesse essentielle.
Au XIIIe siècle, le développement des villes en Pologne est accéléré par l’arrivée de marchands allemands : Cracovie, Wrocław, Poznań, Gdańsk, etc. Ils apportent les droits de Magdebourg, et constituent un patriciat, tandis que les Polonais détiennent l’artisanat et les services. Ces cités obtiennent le privilège d’élire un maire et bénéficient d’exemptions fiscales et militaires. Un grand commerce se développe le long de la Vistule par laquelle les marchandises hongroises (vin, cuivre) transitent jusqu’à Gdańsk, qui exporte à son tour du blé polonais. Le plan des cités se trouve modifié. Le castrum et le suburbium s’effacent au profit de la place du marché bordée par l’hôtel de ville.
Foire de Skanör (Scanie), dès le début du XIIIe siècle. Elle se tient au moment ou d’énormes bancs de hareng migrent d’une mer à l’autre. Les Lübeckois apportent et vendent le sel de Lunebourg pour la conservation des poissons, qui s’exportent dans les pays du Sud. Ils sont rejoints par d’autres marchands allemands, puis par des Anglais et Néerlandais qui commencent à doubler la pointe de Skagen (Umlandsfahrer, « cirumnavigatores ») à partir du milieu du siècle. Outre les harengs et le sel, la foire permet l’échange d’autres produits : fer de Stockholm, bière de Lubeck, articles d’emballage, cordes, tonneaux, étoffes des Pays-Bas et autres produits manufacturés.
Mongolie
Au début du XIIIe siècle et dès la seconde moitié du XIIe siècle, dans toutes les tribus mongoles, se forme une aristocratie de la steppe, appelée le groupe des noïns. Ils portent des noms et titres distinctifs comme ba gatour (preux, courageux), böki (fort, puissant), bilgaï (sage), setchen (savant), merguen (archer excellent). Les différentes tribus sont constamment en guerre les unes contre les autres, ce qui permet aux chefs de clans victorieux d’accroître leur pouvoir économique, par la possession d’esclaves et de pâturages. Les vaincus, les ounagan bogol, gardent le bétail des tribus dominantes et traquent le gibier lors des chasses organisées à l’échelle nationale. Les nuker, membres de l’escorte du khan, deviennent la force armée de la domination des masses.
Le passage de la propriété collective du bétail et des pâturages par les clans (kuren) à la propriété privée des familles (aïls) marque le début du féodalisme nomade. Les pâtres libres se trouvent assujettis aux seigneurs féodaux, propriétaires (edjen) du domaine de pâturages (noutoug). L’économie de l’aïl reste autarcique, mais n’exclut pas le troc avec les peuples sédentaires voisins (bétail contre produits manufacturés).
Alphonse X de Castille, dit le Sage (1221-1284), roi érudit, supervise de nombreux travaux scientifiques, littéraires, juridiques et historiques, dont sont tirées de nombreuses productions écrites.